Didier Paquignon

Didier Paquignon

Du 17 janvier au 27 mars 2016

 

Didier Paquignon confirme ici qu’il est également le meilleur antidote à la nostalgie. Son projet « les Muses » révèle plus d’une centaine de portraits en buste de personnalités et d’inconnus prenant la pose. Nous les découvrons alignés les uns à côté des autres sur deux hauteurs de un mètre vingt. Notre première impression est qu’ils se jouent de nous, certains nous ouvrent leurs bras, d’autres les élèvent en poussant des cris… Puis nous reconnaissons l’acteur Denis Lavant, de profil, et hochant la tête ou encore Jean-Claude Dreyfus se pinçant les tétons, le regard malicieux….

Tous ces portraits, aux visages poilus ou imberbes, aux corps élancés ou accroupis, sveltes ou charnus, aux riches tatouages évocateurs ou à la peau lisse nous dévisagent plus que nous les regardons. La nudité masculine est mise à l’honneur et nous interroge dans l’évocation d’un désir sexuel ambigu et non avoué : « habituellement, c’est la femme désirée que l’on a en image, dans le regard de l’homme », nous dit Didier Paquignon. « Puisque le corps masculin en tant que monument, est à bout de souffle, dans nos sociétés occidentales.… pourquoi pas en reparler et le réinterroger pour poser la question : c’est quoi ? ». L’artiste puise alors dans le dessin notre histoire de l’humanité et notre éducation première et originelle, et questionne les regards féminins attirés par ces vues multiples du masculin, sans mélancolie et sans nostalgie, seulement vrais.

Un catalogue est réalisé à l’occasion de cette exposition avec une introduction d’Eric Chevillard (catalogue disponible à la boutique de la Fondation Fernet Branca)
Eric Chevillard est né en 1964 à La Roche-sur-Yon. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans publiés aux éditions de Minuit, parmi lesquels Palafox, la Nébuleuse du crabe, Au plafond, Du hérisson, Le Vaillant petit tailleur, Choir, Dino Egger, Le Désordre Azerty et Juste ciel. Il tient le feuilleton littéraire du Monde des livres depuis 2011 et publie assidument trois notes quotidiennes sur son blog, L’Autofictif, depuis 2007, reprises chaque année en volume aux éditions L’Arbre vengeur (dernier titre paru : L’Autofictif doyen de l’humanité).


Didier Paquignon liefert hier den Beweis, dass er ebenfalls das beste Mittel gegen Nostalgie ist. Sein Projekt „Die Musen“ versammelt mehr als hundert Brustbildnisse von Prominenten und Unbekannten, die sich in Pose setzen. Wir entdecken sie aneinandergereiht auf zwei 1,20 Meter hohen Registern. Unser erster Eindruck ist, dass sie uns zum Narren halten: Die einen breiten ihre Arme aus, andere heben sie hoch und stoßen Schreie aus… Dann erkennen wir den Schauspieler Denis Lavant im Profil, er nickt mit dem Kopf, oder Jean-Claude Dreyfus, der sich mit schelmischem Blick in die Brustwarzen kneift…

Gesichter mit oder ohne Bart, gestreckte oder kauernde Körper, schlank oder fleischig, mal ist die Haut glatt, mal mit vielsagenden Tätowierungen übersät: All diese Porträts beobachten uns mehr als wir sie betrachten. Es ist der männliche Akt, dem hier die Ehre gegeben wird. Das zwiespältige, uneingestandene sexuelle Begehren, das er heraufbeschwört, wirft Fragen auf. „Gewöhnlich ist es der Körper der begehrten Frau, der im Bild, im Blick des Mannes ist“, erklärt Didier Paquignon. „Der männliche Körper als Monument hat in unseren westlichen Gesellschaften nicht mehr viel zu sagen. Warum sollten wir ihn nicht wieder zum Gegenstand unserer Überlegungen machen und uns fragen: Was ist das?“ Der zeichnende Künstler beruft sich auf die Geschichte der Menschheit und unsere ursprüngliche Erziehung und hinterfragt den weiblichen Blick, der von diesen vielfältigen Ansichten des Männlichen angezogen wird, denn sie sind frei von Melancholie und Nostalgie – sie sind einfach nur wahr.

 

France3 le 14/02/2016*